Volcan

Parfum emblème :
Eau cendrée de JACOMO

Puisque nous allons parler de volcan, alors j’ai décidé d’y ajouter une note d’humour.

Le parfum qui sera associé à cette histoire est Eau cendrée, première  création de Jacomo en 1970, et récemment réédité en 2026 dans une version modernisée mais fidèle à son esprit d’origine. C’est un chypré floral masculin, élégant, sobre, qui a marqué l’histoire de la Maison. Contrairement à ce qu’il évoque dans mon aventure, le terme de « Cendrée » ne fait pas allusion à la fumée ou au brûlé, mais plutôt à la sobriété, la matière, la profondeur boisée, une esthétique moderniste et épurée.

Durée de lecture : 31 mn

Cette histoire est un parfait exemple « d’Effet papillon ». Même à des milliers de km nous ne sommes pas toujours à l’abris des évènements qui surgissent ailleurs sur le globe.

En cette année 2010, nous avions décidé de ne pas retourner aux États-Unis pour les vacances d’été, leur préférant un voyage en Grèce. Cependant, depuis trois ans que nous avions découvert l’Amérique, l’addiction était déjà bien installée. Richard et moi avions cédé à notre envie en programmant un voyage d’une semaine à New York au mois d’avril.

Le départ était prévu pour le jeudi 8 avril et le retour le 15. Étant hors vacances scolaires, nos enfants — 20 et 17 ans — resteraient à la maison. C’était la première fois que nous partions si loin sans eux, et malgré leur âge responsable, nous n’étions pas à l’aise.

Avant de partir nous avions fait les courses pour un régiment, laissé des consignes, de l’argent liquide, et même ma carte bleue. Richard emportait son téléphone portable (un vrai téléphone, pas un smartphone), mais nous avions insisté : pas d’appels sauf urgence. La consigne s’adressait surtout à Maman, anxieuse de nature.

Ce voyage à New-York s’annonçait sous les meilleurs auspices. Mon amie Zabou, chef de cabine sur Air France, s’était arrangée pour obtenir un vol sur New-York et nous devions nous retrouver le 9 pour passer l’après-midi ensemble. Ne pouvant malheureusement assurer le même vol que nous, elle nous avait cependant recommandé auprès de l’une des hôtesses de l’Airbus A380 que nous devions prendre.

L’intérieur était impressionnant : fauteuils confortables, écrans plus grands, plusieurs étages, et surtout… le silence. Zabou m’avait expliqué que ce silence perturbait même le personnel navigant, habitué à reconnaître les bruits des avions. Mais quel bonheur pour les passagers qui n’ont pas besoin de mettre leurs écouteurs à fond pour suivre leurs films. 

Une heure environ après le décollage, une hôtesse portant un petit plateau et un membre de l’équipage élégamment vêtu de sa veste et de sa casquette bleu marine remontèrent l’une des allées puis, à notre grande surprise, s’arrêtèrent à notre hauteur. Ils nous firent un petit salut et nous demandèrent :

– Vous êtes bien M. et Mme S… ? Richard et moi, un peu impressionnés, répondîmes par l’affirmative.

– Je suis le chef steward, dit-il, nous aimerions vous souhaiter la bienvenue à bord de ce vol Air France de la part du commandant et de son équipage.

L’hôtesse pencha alors son petit plateau sur lequel étaient posées deux coupes de champagne et nous les offrit avec son plus beau sourire. Inutile de vous dire que tous les regards des autres passagers de classe économique étaient tournés vers nous avec curiosité. Ils se demandaient probablement qui étaient ces personnes que le commandant honorait ainsi. Impressionnés, nous l’étions évidemment. Je savais que Zabou nous avait recommandés auprès de son amie mais nous étions loin de nous attendre à un tel accueil. Nous les avons chaleureusement remerciés et trinqué avec plaisir à ce voyage qui commençait si bien.

Dès le lendemain de notre arrivée, nous rejoignions Zabou en début d’après-midi en bas de la 5ᵉ avenue pour une grande balade dans le centre de New-York, sans oublier de la remercier pour le charmant accueil que l’on nous avait fait à bord de l’A380. L’une de mes amies étant aussi de passage à New-York pour quelques jours avec son fiancé et sa maman, nous nous sommes tous retrouvés le soir même, Zabou comprise, dans un beau restaurant où nous avons passé une très belle et sympathique soirée.

Les autres jours de la semaine furent tout aussi agréables et détendus, d’autant que la météo était au beau fixe. Il faisait doux et un beau soleil de printemps embellissait nos promenades. De visites en balades, nous avons vraiment apprécié ce voyage, nous offrant même une échappée en voiture pour aller découvrir la prestigieuse université de Princeton. Mais l’un des moments que j’attendais le plus était nos retrouvailles avec Debra.

Je fais ici un aparté pour vous présenter Debra. Lorsque j’avais 18 ans, mes envies de voyages débutaient alors et j’avais convaincu Maman de faire toutes les deux une croisière en Grèce. Nous avions très peu de moyens et j’avais été surprise que les prix de ce type de voyage n’étaient pas aussi inaccessibles qu’ils en avaient l’air. À condition de prendre une cabine sans hublot et le plus bas possible dans le bateau, nous pouvions nous offrir une semaine de luxe absolu. Maman disait « qu’on dormait avec les poissons ». En dehors de la cabine nous pouvions bénéficier de tous les autres avantages du bateau, que l’on soit milliardaire ou simple employé. Maman se liant très facilement avec les gens, nous avions fait la connaissance dès le premier soir d’une famille new-yorkaise, un couple avec leur fille Debra qui faisaient la croisière avec deux autres couples d’amis. Ce couple avait une agence de voyages et se déplaçait régulièrement dans le monde entier. À la fin de notre périple une véritable amitié était née. Dès lors, en général accompagnés de leur fille, ils passaient régulièrement Noël à Paris et nous en profitions pour nous retrouver. Cette amitié, même si elle était lointaine, a toujours perduré. Au point que pour notre mariage à Richard et moi-même ils étaient venus depuis les États-Unis et Debra était repartie avec mon bouquet de mariée.

Les années ont passé et nos amis, d’abord lui puis elle, sont malheureusement décédés. Mais nous avons gardé le contact régulier avec Debra, nous écrivant chaque année pour les bons vœux.

Celle-ci habitant le nord de l’État de New-York, nous avions convenu de nous rencontrer un soir de la semaine pour dîner ensemble sur la 5ᵉ Avenue et nous retrouver enfin réellement. Accompagnée de son frère et de sa belle-sœur, nous avons passé une très belle soirée dans un restaurant huppé. Nous remémorant notre croisière et les merveilleux moments que nous avions passés aux différents Noël avec ses parents, ce repas fut vraiment l’un des meilleurs souvenirs de ces vacances.

Pour notre dernière journée, nous avions prévu le Metropolitan Museum of Art. Notre avion étant à 23h30 à JFK, nous avions tout le temps d’en profiter durant quelques heures. L’Égypte ancienne me passionne, et la mise en scène était spectaculaire : statues, salles reconstituées, et surtout un temple égyptien entouré d’un lac sacré. Un évènement exceptionnel devait surement avoir lieu le soir même car le temple était entouré de tables dressées pour un dîner de gala et décorées d’une multitude de jonquilles.

Nous continuions à déambuler dans le labyrinthe semblant infini des salles lorsque vers 16h le téléphone de Richard sonna : Maman.

Je décrochais un peu excédée je l’avoue.

– Salut Maman, ne t’inquiète pas tout va bien. On prend bien l’avion ce soir comme prévu.

– Bonjour ma fille il faut que je te parle c’est important !!

– Écoute, on est en pleine visite du Metropolitan Museum et c’est une merveille. On aura tout le temps de se parler demain à notre arrivée. Je raccroche ça va nous coûter une fortune.

– ATTENDS NE RACCROCHE PAS ! dit-elle en haussant la voix.

– Quoi !? répondis-je, les yeux absorbés par une statue de dieu égyptien, c’est quoi le problème ?

– Écoute, il y a un volcan qui a éclaté, je ne sais plus son nom. Ils disent à la télé que c’est très grave et qu’ils vont empêcher tous les avions de décoller.

Retenant enfin mon attention je fronçais les sourcils.

– Mais c’est quoi cette histoire ? Il est où ce volcan ?

– Il est en Islande. Mais sa fumée se répand dans le monde entier. Vérifie pour ton avion !!

– Mais c’est loin de New-York l’Islande. Et puis on part dans quelques heures il ne devrait pas y avoir de problème. Pas de panique, tout ira bien. On finit rapidement notre visite et on rentre à l’hôtel récupérer nos bagages. Bisous !

Et je raccrochais, à peine troublée par notre conversation. Maman est anxieuse en permanence, l’a toujours été et je ne voulais pas gâcher nos dernières heures de vacances par une inquiétude inutile.

Arrivés à 21h à l’aéroport nous fûmes surpris par la foule compacte des gens qui regardaient les panneaux d’affichage d’un air effaré. Jouant des coudes, nous nous fîmes un chemin parmi cette foule pour parvenir devant le panneau des départs. Nous levions les yeux vers l’écran afin de repérer notre vol et c’est pile à ce moment-là que notre belle semaine idyllique se transforma en cauchemar : TOUS LES VOLS ÉTAIENT ANNULÉS.

Regardant autour de nous dans l’incompréhension totale nous vîmes enfin le sentiment de panique qui avait envahi les voyageurs qui cherchaient une explication et dans toutes les langues. Comme tout le monde notre réaction a été de nous précipiter vers le comptoir d’Air France qui, sans surprise, était pris d’assaut par tous leurs passagers. De tout côté on entendait le mot « volcan », « vulcano », « vulkan ». Petit à petit un sentiment de culpabilité m’envahit. J’avais balayé de la main l’appel de maman, me rendant compte à ce moment-là que son affolement était bien réel et aurait dû être pris au sérieux. Parvenant enfin à atteindre le comptoir de notre compagnie, une hôtesse nous distribua une feuille avec quelques explications. En effet, un volcan en Islande était entré en éruption et les dégagements de cendre étaient tels qu’ils mettaient en danger les vols des avions devant les survoler.

J’interpellai l’hôtesse :

– Mais quand pourrons-nous partir ? lui dis-je les yeux affolés.

– Désolée nous ne savons rien de plus pour l’instant Madame.

– Mais depuis quand les avions ont été annulés, nous n’avons pas été prévenus.

– Le dernier de notre compagnie à avoir décollé est le précédent, celui de 21h30. Depuis ils sont tous cloués au sol.

– Mais qu’est-ce qu’on doit faire alors ?

– Mettez-vous sur le côté avec les autres passagers et attendez qu’on vous transmette des instructions. Je ne peux rien vous dire de plus.

La mort dans l’âme nous attrapions nos bagages et allions trouver un coin où nous poser afin d’attendre des nouvelles. Pour tous les voyages à l’étranger j’avais l’habitude de prendre une assurance. Surtout pour anticiper les problèmes de santé dont les soins sont inabordables aux États-Unis. Pendant que nous attendions, je décidais de téléphoner à l’assurance pour savoir comment ils pourraient nous aider ou nous dédommager pour ce contretemps. C’est avec grande difficulté que je parvins à les joindre. Mais je déchantais très vite. Dans le cas de ce type de catastrophe naturelle rien n’était prévu. L’agent s’excusa et m’expliqua qu’il ne pourrait en rien nous aider. Richard eut alors une idée. Nous avions payé le voyage avec sa carte Visa Premier et une assurance était alors automatiquement associée. J’appelais Visa Premier et expliquais notre situation. Malheureusement pour les mêmes raisons que mon assurance, rien n’était prévu comme dédommagement pour les catastrophes naturelles de cette envergure.

À ce moment-là, j’ai ressenti un vrai sentiment d’angoisse. Lorsque nous voyageons nous emportons la somme nécessaire en liquide et évitons au maximum les débits en carte bancaire. Nous étions le dernier jour, prêts à rentrer et il devait nous rester en tout et pour tout 10 dollars en poche. Nous n’avions que la carte bancaire de Richard dont le plafond était très limité et si vous vous en souvenez bien, j’avais laissé la mienne aux enfants avant de partir. Profitant d’avoir encore un peu de batterie sur notre seul moyen de communication, nous en profitions pour appeler nos enfants en France et leur expliquer la situation. À ce stade de cette histoire nous étions persuadés que notre retard était une question de quelques heures. Bien loin d’imaginer ce qui nous attendait les jours suivants.

Vers minuit, une annonce en plusieurs langues nous informa que les passagers des compagnies Air France et Lufthansa devaient prendre leurs bagages et se diriger vers la sortie. Arrivés dehors sous une nuit noire, des autocars nous attendaient. Par centaines nous nous sommes engouffrés dans les véhicules sans savoir quelle serait notre destination. Après une demi-heure de route qui nous a semblé sans fin les autocars s’arrêtèrent sur un immense parking qui faisait face à un grand hôtel Marriott. Tout le monde récupéra ses bagages et se dirigea vers l’entrée de l’hôtel. Là, une hôtesse nous a accueillis et nous a enfin donné quelques informations. Nous étions à Long Island et logés pour la soirée au Marriott Long Island. Il était plus d’1h du matin, nous étions éreintés et personne n’avait mangé. L’hôtesse nous annonça qu’Air France nous offrait la première nuit d’hôtel alors que la Lufthansa offrait deux nuits. Une collation serait offerte dans l’heure sous forme de buffet. Puis elle se retira nous laissant tous dans l’angoisse.

Après une longue attente nous avons pu récupérer les clés de notre chambre. Une belle chambre mais ses seules fenêtres donnaient sur une piscine intérieure d’aspect bien triste en ce mois d’avril. Après nous être restaurés rapidement au buffet sans beaucoup d’appétit, nous sommes remontés nous coucher pour essayer de dormir un peu.

Vendredi 16 avril. Après une nuit agitée, nous nous levions de très bonne heure pour déjeuner et apprendre les dernières nouvelles. Le lobby de l’hôtel était envahi par les voyageurs qui tentaient soit de se renseigner sur la situation, soit d’échanger leurs impressions sur l’évènement. Beaucoup étaient équipés de PC portable et via internet tentaient d’en savoir plus. Assis sur les fauteuils, les canapés ou à même le sol, chacun essayait de comprendre ce qu’il nous arrivait et de trouver une solution pour rentrer chez eux. Vers 10h du matin, un employé de l’hôtel fit une annonce qui ressemblait à une délivrance. Nous devions tous libérer nos chambres et attendre dehors au plus vite avec nos bagages. Des cars affrétés par plusieurs compagnies aériennes devaient nous ramener à l’aéroport. Un grand soupir de soulagement se fit entendre dans tous les coins de l’hôtel et chacun se dépêcha de récupérer ses affaires. C’est avec le sourire que l’on envahit à nouveau les bus qui nous attendaient devant le Marriott. Les gens commençaient même à plaisanter à nouveau. Nous étions en train de rouler depuis vingt minutes environ lorsqu’à un feu rouge notre chauffeur reçut un appel téléphonique. Le silence total se fit dans le véhicule car rapidement son changement de ton nous fit comprendre que ce n’était pas un appel personnel. Il raccrocha la mine sombre puis nous le vîmes manœuvrer pour opérer un demi-tour. Un passager se leva pour aller l’interroger.

– Où allons-nous ? demanda-t-il au chauffeur.

– On retourne à l’hôtel, répondit-il l’air grave, tous les vols sont à nouveau annulés.

Toute la joie qui était revenue s’est subitement envolée. Retourner encore à l’hôtel. Mais pour combien de temps ? Et comment allions nous pouvoir payer ?

Arrivés devant le Marriott, chacun récupéra ses bagages et se précipita à l’accueil pour trouver une nouvelle chambre. Parvenus devant le guichet, Richard et moi demandions si une chambre était disponible pour la nuit. Le réceptionniste nous confirma que celle que nous avions quitté le matin même était toujours disponible mais pour la modique somme de 150 dollars la nuit.

Horrifiés nous lui demandâmes s’il n’y avait pas d’autres hôtels moins chers dans le quartier.

– Je suis désolée Madame, répondit-il. Tous les hôtels de New-York et de sa région ont été pris d’assaut par tous les touristes qui n’ont pas pu repartir cette nuit. De plus ils ont pratiquement tous doublé leurs tarifs. La moindre chambre est à présent à plus de 300 dollars la nuit. Chez Marriott, le prix de la chambre est resté inchangé à 150 dollars. Vous la prenez ou pas ? Il y a encore beaucoup de monde derrière vous.

– Bien sûr qu’on la prend, répondit Richard effondré. On n’a pas le choix de toute façon.

Les pieds lourds et l’esprit perturbé, nous regagnions notre chambre qui, de jour, était d’une rare tristesse. Cette vue sur cette piscine intérieure vide de monde où le moindre bruit partait en écho sans fin rajoutait à la grisaille de la situation. Nous posions les bagages puis, par besoin de ne pas se sentir seuls, nous rejoignions les autres passagers dans le lobby. Nous avions besoin de partager nos angoisses et nos peurs avec d’autres. Je me maudissais de ne pas avoir emporté de PC avec moi. Nous n’avions qu’un téléphone mobile et aucun moyen de nous renseigner. Les gens commençaient déjà à rechercher des billets sur d’autres compagnies. Nous apprîmes qu’Alitalia affrétait des avions New-York / Rome mais pour 3600 euros le vol par personne. C’était de la folie, pas question de tomber dans cet extrême. Mais certains y pensaient déjà. Je joignais à nouveau les enfants pour les rassurer un peu et leur annoncer que nous n’avions pas encore de date pour notre vol. Puis juste derrière je pensais à appeler l’agence de voyage qui s’était occupée de nos réservations de vols et hôtels. Peut-être qu’eux pourraient nous trouver des vols ?! C’est avec soulagement que j’entendis la voix familière de notre agent. Il s’inquiétait pour nous comme pour tous les voyageurs dont il s’était occupé.

– Malheureusement je ne vais rien pouvoir faire pour vous pour l’instant, me dit-il d’une voix désolée. Il est impossible d’accéder au système de réservations des vols. Tout est coupé.

Je raccrochais désespérée et me mis à pleurer à chaudes larmes.

Le repas du midi ne fut même pas évoqué, nous n’avions pas faim de toute façon. En début d’après-midi, une rumeur se répandit comme une traînée de poudre : il fallait absolument retourner à l’aéroport pour se faire inscrire sur les listes d’attente des prochains vols. Pour nous il semblait normal que ce soit notre compagnie qui gère tout cela mais manifestement la normalité n’était plus de mise. Richard sortit le maximum d’argent qu’il put au distributeur intérieur de l’hôtel et nous nous mîmes en quête d’un taxi. 150 dollars pour l’aller seul ! La carte bancaire de Richard avait atteint son plafond avec les 500 dollars que nous avions pu retirer et nous ne savions pas combien de temps cela nous permettrait de tenir. Un couple de Français cherchant lui aussi à rejoindre l’aéroport, nous sommes tombés d’un commun accord pour partager le même véhicule et diviser les frais. Nous payerions l’aller et ils payeraient le retour. Arrivés à l’aéroport, c’était la débandade. Des foules immenses de touristes faisaient la queue aux guichets de leur compagnie. Devant ce spectacle complètement fou, j’interrogeais une hôtesse de passage pour comprendre ce que nous devions faire.

– Le problème, me dit-elle, c’est que les passagers des vols qui ne partent pas s’accumulent de plus en plus. La situation se complique à chaque instant. Je vous conseille de faire la queue comme les autres au comptoir de votre compagnie afin de vous enregistrer.

La queue au comptoir d’Air France. Facile à dire. Mais lorsqu’on a atteint la proximité de ces comptoirs nous avons poussé un soupir désespéré : la file d’attente était sans fin. Nous étions en début d’après-midi et Dieu seul sait à quelle heure viendrait notre tour.

C’était enfin à nous de passer. Après 3h de queue nous étions épuisés et les nerfs à bout. Richard me dit discrètement :

– Joue la comédie, pleure, il faut qu’on obtienne des billets coûte que coûte !

En d’autres circonstances j’aurais refusé catégoriquement car c’est le genre de chose que je déteste. Je suis incapable de mentir et cela m’a joué des tours dans ma vie. Mais cette fois-ci je n’ai pas discuté. J’avais les larmes aux yeux presque en permanence et mon estomac se tordait dès que je pensais aux enfants. C’est avec anxiété que nous avancions devant le guichet libre derrière lequel se trouvaient deux hôtesses. À la vue de la tension et des émotions de chacun, chaque guichet était géré par deux personnes pour ne pas subir seules les récriminations des voyageurs. L’une des hôtesses nous demanda nos billets originaux afin de déterminer quel jour nous aurions dû partir. Heureusement que nous avions pris Air France. Au moins on pouvait s’expliquer en français. Richard commença à leur dire que nous devions absolument partir. Nos enfants étaient restés en France et nous n’avions pratiquement plus d’argent pour les nuits d’hôtel qui nous coûtaient une fortune. Bien sûr on évita de mentionner leur âge.

– Je suis désolée, nous répondit l’hôtesse, c’est très difficile d’obtenir des vols.

Je me mis à pleurer franchement et j’insistais.

– Un vol pour l’Europe je vous en supplie. Le sud de la France, l’Italie, l’Espagne, n’importe où. Après on louera une voiture.

J’en vins même à proposer Casablanca car j’y avais des amis qui pourraient sûrement nous accueillir.

– Trouvez-nous quelque chose !!

L’hôtesse me répondit qu’elle allait faire son maximum pour nous trouver un vol. Nous n’étions que deux, c’était moins compliqué que pour ceux qui étaient plus nombreux. Pendant qu’elle s’affairait devant son ordinateur avec les quelques informations qu’elle avait à sa disposition, la seconde hôtesse essayait de me calmer en me rassurant avec des mots gentils. Après quelques minutes d’angoisse la jeune femme releva le nez de son écran et je la vis écrire quelques mots sur un bout de papier jaune. Elle me le tendit en disant doucement :

– Voilà, c’est le mieux que je puisse faire pour vous.

Je saisis le papier et Richard et moi nous jetions dessus pour lire ce qu’elle y avait écrit, et il n’y avait pas écrit grand-chose. On se regardait alors tous les deux, complètement effarés. Notre billet d’avion se résumait à un post-it sur lequel ne figurait qu’une date. Même pas l’heure ou le numéro du vol. Départ prévu le vendredi 23 avril, soit huit jours plus tard !!

J’étais effondrée, à la limite de l’évanouissement. Comment allions-nous faire d’ici là ? Où trouver l’argent pour se loger et se nourrir ? Les deux hôtesses nous regardaient d’un air désolé et nous firent comprendre qu’il était inutile d’insister. Nous serions prévenus en temps et heure et nous n’obtiendrions rien de plus.

La mort dans l’âme nous reprenions un taxi, accompagnés de nos compagnons de voyage pas plus chanceux que nous concernant leur retour, et rentrions à l’hôtel. Ce vendredi soir resta pour nous comme un souvenir terrible et effrayant. N’ayant pas d’argent pour subvenir à nos besoins d’ici le vendredi suivant nous devions épargner chaque dollar. Ne pouvant nous priver de manger indéfiniment, nous avons traversé sous la pluie cet immense parking pour rejoindre le seul restaurant accessible autour de l’hôtel. Un McDonald’s triste et déprimant. Notre repas fut juste constitué d’une grande frite accompagnée de ketchup. Moi qui déteste le ketchup, je n’ai pas fait la difficile. La nuit qui suivit fut compliquée. Entrecoupée de cauchemars et d’angoisse nous avons à peine dormi. Vers 5h30 un bruit du côté de la porte nous réveilla. On venait de nous transmettre la facture de la nuit à payer sans retard avant 9h du matin.

Après un petit déjeuner aussi complet que possible, étant donné que nous n’étions pas sûrs de pouvoir nous payer un repas le midi, nous nous présentions à l’accueil de l’hôtel, rejoignant une queue déjà longue, pour payer notre dû. Après nous être acquittés du montant de la nuit il ne nous restait à peine de quoi nous offrir une nuit de plus. Le gouffre quoi !

– Essayez de joindre votre banque pour augmenter votre plafond de retrait, nous proposa le réceptionniste.

– Mais nous sommes samedi, il est 15h à Paris, notre banque est maintenant fermée pour le week-end, lui répondis-je en larmes. Qu’est-ce qu’on peut faire ?

– Vous avez une autre solution si quelqu’un peut vous prêter de l’argent depuis la France, rétorqua-t-il. Passez par Western Union.

– Ah bon ? fit mon mari. C’est possible ?

– Bien sûr, vous avez des points Western Union un peu partout aux États-Unis, même dans les boutiques de commerce. Si on peut vous prêter de l’argent, c’est très facile et vous l’aurez dans la journée, même dans l’heure.

Richard se retourna vers moi et, comme lui, un sentiment d’espoir m’illumina. Je pensais instantanément à mes deux frères qui pourraient probablement nous aider. Nous demandions le point Western Union le plus près à l’agent d’accueil puis je le suppliais de me laisser téléphoner à Paris pour joindre l’un de mes frères, ce qu’il fit de bon cœur. Sans hésitation mon frère me confirma qu’ils nous transféreraient immédiatement suffisamment d’argent pour tenir jusqu’au vendredi suivant et l’argent serait versé au point relais que je lui avais indiqué. Respirant enfin après ces 30h de cauchemar, nous allions nous habiller pour aller à pied jusqu’à la supérette où se trouvait ce point relais. Sortant de l’hôtel et une carte de la ville en main, nous demandions notre chemin à l’homme de la sécurité à l’entrée. Il pointa l’emplacement de la supérette du doigt et nous demanda s’il devait appeler un taxi.

– Pas la peine, répondis-je. On y va à pied. On nous a dit que ce n’était pas loin – et nous n’avions pas d’argent pour le taxi de toute façon.

– Ce n’est pas loin en voiture, dit-il. Mais à pied c’est presque inaccessible. Il faut longer l’autoroute, c’est assez dangereux.

Quand on ne peut pas faire autrement, le problème du choix est vite résolu. On le remerciait pour son renseignement et d’un pas ferme nous nous mettions en route sous ses yeux ahuris.

Il avait raison, c’était peut-être 5 minutes en voiture mais cela nous prit près d’1h20 pour parvenir à la zone commerciale où se trouvait Western Union. Sous une pluie froide, une zone totalement ouverte et en prise au vent, nous avons longé l’autoroute pendant près de 20 minutes et nous ne sommes pas prêts d’oublier à quel point c’était effrayant. Arrivés à destination, c’est avec un immense soulagement que nous encaissions l’argent envoyé de Paris. Nous allions enfin pouvoir manger un peu et voir l’avenir avec moins d’incertitude. Après un repas dans un self, nous rentrions à l’hôtel d’un pas plus léger. Je rejoignais notre chambre, ayant besoin de dormir car je ne tenais plus debout et Richard décidait de faire un peu d’exercices dans la salle de sport.

Même avec suffisamment d’argent pour tenir 6 jours de plus, notre esprit n’était pas serein. Qui dit que nous aurions un vol la semaine suivante ? Vers 17h, nous étions dans le hall de l’hôtel avec tous les autres passagers. C’était devenu une habitude de nous retrouver pour partager les dernières nouvelles.

Lobby de l’hôtel Marriot

L’attente est difficile

La seule personne que je connaissais à New-York était Debra. Je décidais de l’appeler depuis la cabine du hall pour lui expliquer notre situation et lui demander conseil.

– Allô Debra, c’est Valérie…

– Valerie ! s’exclama-t-elle dès qu’elle eut décroché. Où étiez-vous ? Je m’inquiétais tellement !! Vous êtes rentrés à Paris ?

– Noooonnn, on est toujours aux États-Unis. On n’a pas pu décoller, lui répondis-je, des sanglots dans la voix. Cela faisait tellement de bien d’entendre une amie.

À ce moment-là, Debra me dit une phrase dont je me souviendrai toute ma vie, et dont Richard et moi lui serons éternellement reconnaissants :

– À partir de maintenant vos soucis sont terminés, me dit-elle. Donne-moi les coordonnées exactes de votre hôtel, demain matin 9h je viens vous chercher, et vous n’aurez plus à vous occuper de rien. Je vous prends en charge.

J’avais l’impression qu’un ange avait débarqué pour nous sauver. Après un bon dîner digne de ce nom dans le restaurant de l’hôtel, nous allions enfin dormir l’esprit au calme et rassurés.

Le lendemain matin, après avoir payé le montant de la nuit, nous attendions l’arrivée de notre ange devant l’hôtel. Une immense voiture américaine se gara juste devant nous et Debra en sortit précipitamment. Nous tombions dans les bras l’une de l’autre et je ne sais plus combien de fois nous l’avons remerciée. Richard montait à l’arrière et moi devant côté passager. Après 10 minutes de route une sonnerie de téléphone se fit entendre dans la voiture. De nos jours prendre un appel téléphonique mains libres, directement dans une voiture et le son sur les enceintes paraît habituel, mais en 2010 c’était tout nouveau pour moi. Manifestement c’était une amie qui était à l’autre bout du fil et elle était dans un supermarché. Malgré l’échange en anglais, j’arrivais assez bien à suivre la conversation.

– Je suis devant le rayon des pains. Je prends quoi ? dit-elle

– Un peu de tout, répondit Debra, les Français aiment le pain. Et tu prends du fromage aussi.

– Mais quoi comme fromage ? demanda son amie.

Debra tourna les yeux rapidement vers moi et avant même que je n’ouvre la bouche elle annonça :

– Toutes sortes de fromages, ils adorent ça.

– Debra… fis-je gênée, pas besoin de vous déranger…

– Arrête, me coupa-t-elle. C’est un plaisir pour moi de vous recevoir… Ah oui… et des fruits aussi, ajouta-t-elle.

Debra m’expliqua que son amie s’appelait Fern et partageait avec elle la maison qu’elle avait héritée de ses parents depuis leur décès. Après deux jours frais, remplis de pluie et de grisaille, ce dimanche magique était chaud et ensoleillé. Comme si la venue de Debra avait non seulement balayé nos soucis mais aussi balayé le ciel de tous ses nuages. Après une heure de route plein nord nous arrivions à Bronxville. Lorsqu’elle m’avait dit qu’elle habitait cette ville, j’avais fait un amalgame avec le « Bronx », comté de New-York à la réputation peu recommandable. Heureusement que je n’avais fait aucune remarque à ce sujet. Car Bronxville n’a aucun rapport avec ce quartier sulfureux. C’est une petite ville magnifique dans une banlieue très riche et très chic. Nous traversions la ville pour arriver dans une zone boisée où se trouvait sa maison. Pour ceux qui comme moi sont addicts aux séries américaines, ils sauront tout à fait de quoi je parle quand je cite « Desperate Housewives » pour parler des magnifiques maisons qu’on pouvait y voir. Quand nous nous sommes engagés dans l’allée sinueuse qui desservait l’immense quartier résidentiel où vivait Debra, c’est exactement l’effet que cela me fit. J’étais entrée dans Wisteria Lane, mais au lieu que chaque maison soit l’une à côté de l’autre, elles étaient toutes au milieu d’un petit bois privatif. Toutes différentes, plus belles les unes que les autres. Je me retournais vers Richard et le regard qu’il me lança me confirma que nous étions en phase dans nos pensées.

Debra se gara enfin devant une immense maison. Elle nous aida à sortir les bagages et nous guida au premier étage pour nous amener jusqu’à une chambre qui contenait un lit pour géant avec salle de bain privative bien évidemment. Sur un grand meuble bas il y avait une télé à écran plat et un téléphone mobile. Elle prit le téléphone, me le mit dans la main en disant :

– Maintenant tu appelles tout le monde. Tes enfants, ta maman, ta famille, le boulot, tu les rassures.

Que répondre devant tant de gentillesse et de générosité ? Et nous étions loin d’en voir la fin.

Le soir même, elle organisait un barbecue sur la terrasse et invitait quelques amis ravis de faire connaissance « des petits Français ». J’ai toujours dit que les Américains vivent dans la démesure. Quand j’ai découvert la taille des steaks que nous allions manger, les yeux allaient me sortir de la tête. Encore une fois je n’avais jamais vu ça. Durant la soirée, une discussion s’engagea pour savoir ce que nous pourrions faire durant la semaine supplémentaire qui nous avait été imposée à l’insu de notre plein gré. Debra devant travailler, elle ne pourrait pas rester avec nous en journée et nous étions loin de tout, à pied bien évidemment. L’une de ses amies nous proposa de nous prêter sa voiture quelques jours pour pouvoir aller à New-York mais aussi visiter la région qui était magnifique. Nous n’avons pas pu répondre autre chose que « OK », c’était offert avec tant d’insistance et de chaleur. Après le dîner, tout le monde se leva pour aller se poser devant le poste de télé qui était dans la cuisine de 25 m². Pas question de manquer « Danse avec les Stars » ! Nous n’avions jamais entendu parler de cette émission auparavant puisqu’elle n’est arrivée en France qu’en 2011. Mais aux États-Unis c’était une institution. Nous avons passé une merveilleuse et mémorable soirée.

Le lendemain matin, à l’heure du petit déjeuner, Adel, l’amie de Debra, arriva avec sa voiture comme promis. Une Jeep noire, flambant neuve. Un bijou. Adel nous expliqua qu’elle avait programmé le GPS en français et que son nom était « François ». Elle avait aussi enregistré les coordonnées des principaux sites à visiter dans la région. À ce niveau de générosité, être remercié toutes les 5 minutes peut devenir gênant. Mais nous ne savions plus comment faire pour honorer ces gens qui se mettaient en quatre pour nous. Les jours suivants se déroulèrent comme dans un rêve. Le jour nous visitions la région, parsemée de lacs et de forêts. Richard a même pu faire du practice de golf. Le soir, lorsque Debra rentrait du travail, elle nous amenait au restaurant. Et pas question pour nous de payer sans la vexer. Un restaurant différent chaque soir. De l’Italien huppé au Japonais où les morceaux de viande atterrissent comme par magie dans votre assiette. Mon mari ne parlant pas très bien anglais, Debra voulait vraiment trouver un moment pour lui afin qu’il puisse s’exprimer complètement. Un matin elle nous annonça que nous avions rendez-vous l’après-midi chez une autre de ses amies qui s’appelait aussi Valerie et qui était française. Celle-ci nous invitait chez elle et serait ravie de partager un moment avec nous afin de parler dans sa langue. Valerie avait un immense jardin et nous avons passé l’après-midi à papoter, rigoler et surtout jardiner. Je ne sais pas pourquoi mais nous sommes revenus tous les deux très fiers d’avoir planté des arbres sur le sol américain.

Parmi nos déplacements lors de cette semaine mémorable, il ne faudrait pas oublier la visite au consulat de France à New-York. Il nous semblait qu’il était important qu’on ne nous oublie pas et de savoir s’ils pouvaient nous aider d’une manière ou d’une autre. Après avoir fait une longue queue de plus d’une heure nous fûmes reçus par deux personnes du consulat. Ils nous remirent en main une liste de numéros de téléphone qui pourraient être utiles, comme des médecins ou des centres médicaux, nous montrèrent du doigt deux malheureux PC reliés à Internet, déjà pris d’assaut par les autres Français et nous donnèrent une attestation pour notre employeur pouvant justifier de notre absence. Et c’est tout. Voilà toute l’aide qu’ils pouvaient nous apporter. Et si Debra n’avait pas été là ?… Voilà à quoi je pensais en regardant ce pauvre homme qui devait en avoir assez de tous ces gens qui le suppliaient de les aider.

Debra avait un PC relié à Internet mais d’une lenteur pitoyable. Chaque jour je me connectais à mes emails pour vérifier si la compagnie aérienne nous avait envoyé un message de confirmation de notre vol. Et chaque jour j’étais déçue par leur absence. Enfin, le jeudi soir nous recevions un message nous indiquant l’heure et le numéro de notre vol. Malgré notre insistance pour prendre un taxi, Debra avait pris sa journée pour nous accompagner. Elle nous déposa à l’aéroport 3h avant notre vol et après de longues et émouvantes embrassades nous laissait nous diriger vers le comptoir d’enregistrement. Pour une fois durant cette terrible semaine, il n’y avait pratiquement pas de queue. Lorsqu’arrivait notre tour, je montrais notre post-it et le mail que nous avions imprimé. L’hôtesse se mit à chercher dans les longues listes qu’elle avait sous les yeux et manifestement prenait plus de temps que prévu pour nous trouver. Au bout de plusieurs minutes semblant interminables elle nous regarda d’un air ennuyé et nous dit : 

– Vous n’êtes pas sur ma liste…

Le monde se serait ouvert en deux à ce moment-là que ma réaction n’aurait pas été différente. Blanche comme un linge, je vis tout tourner et s’effacer d’un coup tous les quelques jours de rêve que nous avions vécus. Toute la peur évacuée un temps retomba sur mes épaules et je sentis mes jambes s’affaisser sous moi. L’hôtesse voyant mon état réagit immédiatement en ajoutant :

– …mais rassurez-vous j’ai encore de la place. Vous aurez ce vol, ne vous inquiétez pas.

Rassurée, je ne l’ai été qu’une fois les réacteurs démarrés sur le tarmac. Et encore, la peur du possible demi-tour n’était pas totalement absente.

Après cette terrible expérience, pas mal de choses ont changé dans notre façon de voyager. D’abord nous partons toujours avec plusieurs cartes de crédit et plusieurs possibilités de paiement. Des téléphones portables bien sûr mais aussi un PC portable ou une tablette. Nous avons trop souffert de notre manque de connexion, de ne pouvoir nous renseigner à toute heure du jour ou de la nuit sans avoir à quémander autour de nous. Une meilleure assurance aussi, c’est indispensable pour les voyages lointains. Ah et puis depuis nous avons appris le nom de ce volcan inconnu à ce jour : Eyjafjallajökull !

Ce voyage a été en dent de scie. Il aurait pu se terminer très mal sans l’aide, la générosité incroyable et la gentillesse de notre merveilleuse Debra à qui je dédie cette histoire.

FIN

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